Colorimétrie, l’expertise du fabricant de peinture
Au sein de l’équipe Vehicle Refinishes d’AkzoNobel, Alizé Bertin accompagne les distributeurs et carrossiers dans l’utilisation du logiciel de recherche de teintes du groupe. Formée comme coloriste avant de se spécialiser dans l’informatique métier, elle raconte son parcours et explique comment les outils digitaux ont transformé la recherche de teinte en carrosserie.
En quoi consiste votre métier d’assistante Color IT chez AkzoNobel ?
Ma mission est partagée entre la relation client et des tâches informatiques. Elle tourne essentiellement autour du logiciel Mixit Cloud, notre outil de recherche de teintes pour la carrosserie. Mon rôle est avant tout d’accompagner les distributeurs et les carrossiers au quotidien : je les forme à l’utilisation du logiciel, je les aide à interpréter leurs formules de teintes et je réponds à leurs questions. Je peux, par exemple, intervenir pour retrouver une teinte ancienne ou transmettre quelques bonnes pratiques. Les carrossiers apprécient cette proximité, ce contact technique direct avec le fabricant, en complément de leur lien avec les distributeurs. Nous entretenons une réelle relation de confiance qui démontre que la performance des outils digitaux est indissociable des relations humaines. En un an, je traite en moyenne 1 200 demandes. Le deuxième volet de mon activité est plus du traitement informatique, avec la digitalisation des formulaires, la création de licences et l’intégration de nouvelles teintes dans la base de données.
Comment le digital a-t-il changé la recherche et le contretypage de teinte en carrosserie ?
Avant, les carrossiers travaillaient avec des léchettes, des nuanciers physiques bien plus limités en nombre de variantes que ce que l’on propose aujourd’hui en digital. Avec Mixit Cloud, ils flashent le véhicule à l’aide d’un spectrocolorimètre, et le logiciel recherche dans notre base de données la meilleure correspondance de teinte. Prenez le gris aluminium de Peugeot, une teinte mythique fabriquée pendant 25 ans : on recense aujourd’hui une soixantaine de variantes, ce qui serait tout simplement impossible à dupliquer avec des nuanciers physiques, pour des raisons de coût et de mise à jour. Le passage au cloud a aussi sécurisé les données : avant, un PC qui tombait en panne faisait perdre tout l’historique des mesures et des teintes personnelles d’un atelier. Aujourd’hui, tout est accessible depuis n’importe quel poste. Mais l’outil ne remplace pas l’expertise du carrossier : la qualité de la préparation de la surface reste déterminante pour la fiabilité de la mesure. Tout comme la validation de la réponse logiciel reste le domaine réservé de l’humain. Tandis que la machine exécute les tâches sans valeur ajoutée, le professionnel est concentré sur son expertise et son savoir-faire pour gagner en qualité, efficacité et productivité.
« L’outil facilite la vie mais ne peut se passer de l’œil ni du savoir-faire du peintre », Alizé Bertin.
Quelles sont les qualités requises pour exercer le métier d’assistant Color IT ? Quel profil peut s’y épanouir ?
Dans ce métier d’assistance, les qualités relationnelles sont essentielles, notamment l’empathie, la patience et la pédagogie. On nous appelle souvent pour régler un problème informatique, domaine dans lequel les professionnels de la réparation ne sont pas toujours à l’aise. Ils ont besoin d’écoute, de compréhension, d’être rassurés et de réponses adaptées.
Parallèlement, il est important de bien maitriser l’anglais car ce métier amène à intégrer des groupes souvent internationaux. Je suis en contact permanent avec les équipes du développement à la maison mère, aux Pays-Bas, et l’anglais technique est notre seul moyen de communiquer. Ce n’est pas mon point fort mais je me forme, et encore maintenant.
Etre une femme dans ce type de métier, technique et dans un environnement plutôt masculin, peut-il être un handicap ?
Je ne l’ai jamais vécu comme tel. Nous sommes avant tout jugé par nos compétences techniques et notre capacité à résoudre les problèmes de nos distributeurs et des clients carrossiers.
Partant d’une formation de coloriste, quel a été votre parcours ?
J’ai commencé par un BTS bioanalyses et contrôles, en alternance dans une grande marque de luxe. En travaillant sur le maquillage, j’ai découvert le développement des couleurs qui a tout de suite éveillé mon intérêt et conditionné mon orientation. J’ai complété mon cursus avec une licence en production de produits pharmaceutiques et cosmétiques, puis suivi une formation d’un an, spécifique à la colorimétrie, à l’ITECH de Lyon. J’ai forgé mon expérience pendant une dizaine d’années dans la cosmétique, avant de rejoindre AkzoNobel en 2015. J’ai commencé par faire du contrôle qualité en production peinture, puis j’ai évolué vers la relation client en e-commerce. J’ai fait un crochet par un autre fabricant de peinture pour y forger une expérience de formatrice en colorimétrie. En 2024, je suis revenue chez AkzoNobel pour intégrer l’équipe Vehicle Refinishes et occuper mon poste actuel. En début de parcours, je n’aurais jamais imaginé que la science de la couleur pouvait me faire évoluer dans des univers aussi différents et digitalisés, en passant du maquillage à la carrosserie !
