Les ressources humaines font partie des défis du quotidien des ateliers de réparation. Des carnets de commande pleins et les départs à la retraite précipitent les besoins en compétences mais les candidats manquent à l’appel. Encore victimes de préjugés négatifs, les métiers de l’atelier souffrent d’un manque d’attractivité même si commence à émerger leur réalité d’aujourd’hui, technologique, technique, digitalisée et valorisée.
Tout l’écosystème professionnel et éducatif travaille dans ce sens. Le Sipev est en relation directe avec le GARAC pour valoriser les métiers de peintre et carrossier. Il collabore avec l’ANFA, notamment pour alimenter en témoignages leur site et Wilbi, plateforme de découverte des métiers.
Par ailleurs, l’Association Nationale pour la Formation Automobile a lancé le 3 avril sa campagne « Nos métiers font avancer, vous aussi avancez avec nous », signée Publicis LMA.
Elle s’est fixée l’objectif de révéler aux jeunes un secteur en pleine évolution. Ils vivront des parcours professionnels les amenant à se projeter sur leur propre trajectoire. Ils pourront mesurer le sens et les opportunités des métiers du secteur de l’automobile alors qu’il négocie son virage technologique et environnemental.
Néanmoins d’après les statistiques relevées par Muriel Blancheton, rédactrice en chef de Zepros Après-Vente Auto, dans son article « Formation initiale : les ateliers doivent se réinventer », 50% des effectifs abandonnent en cours de formation et 67% quittent le métier après seulement 3 ans. Le manque d’information et de motivation ne serait pas le seul en cause d’après une enquête menée par Weimann Technologies pour Mobilians. « Le discours négatif ne vient pas forcément des juniors, mais plutôt des seniors de l’atelier qui dépeignent parfois leur métier de manière négative – travail pénible et mal payé dans un environnement sale et bruyant… – quand les jeunes y voient encore un artisanat d’art. C’est bien ce décalage qui crée une fracture ». Selon la journaliste, les dirigeants, quels qu’ils soient, acquiescent sur ce point, tandis que d’autres rejettent la faute sur une déperdition critique de savoir-faire. Les patrons cités en exemple sont inspirants. Ils s’adaptent et travaillent à séduire les jeunes qui représenteront pas moins de 30% des effectifs d’ici 2030.
